Yazma Eser Arama Paneli

110,244 kayıt · 9 kaynak ▤ İstatistik ★ Favorilerim
Temizle
← Geri dön

Henri Stierlin (Historien de l'art et de l'architecture)

Müellif Willy Rohrbach
Materyal türü Yazma eser
Dil Çok dilli
Kurum Association Films Plans-Fixes
Kaynak Europeana
Not Par sa naissance, Henri Stierlin est lié à Alexandrie, ville mythique et symbole historique de culture et de dynamisme. A l'école, il fait immersion dans l'univers poétique des romantiques allemands, puis traduit des poèmes de Hölderlin et de Georg Trakl. A 20 ans, retour aux sources, découverte des fabuleux sites de la Haute Egypte et surtout du potentiel interprétatif des monuments d'architecture. En 1955, il entre à la Tribune de Genève, rédige des articles dans les rubriques internationale, culturelle et littéraire. De 1957 à 1962, il réalise une série d'interviews avec les plus éminents savants de langue française ainsi que les émissions du cycle «L'épopée des civilisations». A la TSR, il a été producteur, avec Pierre Barde, d'une série d'émissions «L'Homme à la recherche de son passé». Il se lance ensuite dans une longue aventure éditoriale et devient l'auteur de 80 livres. Il se défend d'être spécialiste car il a touché à trop de domaines. C'est un érudit, un comparatiste, un démystificateur et un communicateur hors pair. 00:00:00 – 00:00:08 (Séquence 0) : Générique de début du Plans-Fixes consacré à Henri Stierlin, historien de l'art et de l'architecture, et tourné à Genève le 6 août 2009. L'interlocuteur est Charles Sigel. 00:00:08 – 00:02:30 (Séquence 1) : L'interlocuteur présente les livres de son invité Henri Stierlin. Celui-ci explique que son dernier livre a fait scandale car il y remet en question l'authenticité du buste de la reine Néfertiti qui se trouve au Musée de Berlin. Un de ses moteurs est la démystification et son but est d'essayer de comprendre et d'analyser les choses. Un de ses derniers livres intitulé "L'Orient grec" résume la période entre les Grecs et les Romains, présente des découvertes de l'époque telles que le mécanisme d'Anticythère et ouvre sur le site de Palmyre. On cite et présente la couverture de quelques titres : "La Cité du désert", "Adrien" "Ispahan". Henri Stierlin parle de l'ouvrage "Le livre de Feu" qui a fait suite à ses travaux sur l'Apocalypse et qui contient un manuscrit du Haut Moyen Age aux couleurs éclatantes. On présente également à l'image le livre "Alhambra" qu'Henri Stierlin a cosigné avec sa femme Anne. 00:02:31 – 00:02:38 (Séquence 2) : Générique de début du Plans-Fixes consacré à Henri Stierlin, historien de l'art et de l'architecture, et tourné à Genève le 6 août 2009. L'interlocuteur est Charles Sigel. 00:02:40 – 00:04:43 (Séquence 3) : Henri Stierlin est un historien de l'art et de l'architecture. Il s'est intéressé à de nombreux domaines d'études tels que la peinture mozarabe ou les trésors d'orfèvrerie de Tanis. Il n'est pas un spécialiste mais se considère comme un généraliste et un comparatiste. Il accorde une grande importance aux rapports entre les cultures et les structures culturelles. Il est d'un naturel curieux et aime creuser les problématiques liées aux œuvres. Henri Stierlin transmet volontiers ses connaissances. Son métier de journaliste l'a aidé à communiquer son savoir car dans le journalisme on apprend à restituer des connaissances complexes dans un langage simplifié. 00:04:46 – 00:06:33 (Séquence 4) : Henri Stierlin vient d'un milieu cultivé. Ses parents étaient musiciens : son père était pianiste et compositeur et avait étudié le piano avec le grand maître Ricardo Viñes; sa mère était cantatrice et a chanté avec Ernest Ansermet à l'Orchestre de la Suisse romande. Ils étaient tous deux professeurs au Conservatoire. Henri Stierlin a évolué dans un milieu qui lui a ouvert de nombreuses portes. Ses parents donnaient des concerts dans le monde entier et Henri Stierlin a voyagé dès son enfance. Il est né à Alexandrie. Cette ville est le symbole du métier qu'il exerce. Elle l'a sensibilisé à l'architecture et à l'art musulman. 00:06:36 – 00:09:22 (Séquence 5) : Henri Stierlin s'est intéressé à la poésie allemande et a traduit par exemple Novalis, Hölderlin, Georg Trakl. Il compare le style de ce dernier poète à celui de Rimbaud qui possédait une écriture révoltée et très expressionniste. Ce poète s'est suicidé au début de la guerre de 1914 car il ne supportait plus la vue des personnages, malades et blessés qui l'entouraient. Henri Stierlin a publié son premier livre chez Guy Lévis Mano, GLM, à Paris à l'âge de 20 ans. Il a travaillé avec lui pour plusieurs autres ouvrages. Cet éditeur lui a commandé un travail qui a été déterminant dans sa vie : la traduction du grec du texte de l'Apocalypse, le dernier livre de la Bible faussement attribué à Saint-Jean. Lors de ses recherches, Henri Stierlin a observé que le texte contenait certains illogismes et a conclu qu'il était le résultat d'un assemblage de textes. Il a établi qu’il représentait un triplet dont les parties datent respectivement de 64 après J.-C, de 96 après J.-C. sous Domitien et de 120 après J.-C. 00:09:26 – 00:12:06 (Séquence 6) : Pour la traduction du texte de l'Apocalypse, Henri Stierlin a collaboré avec le père Boismard. Dans ses recherches, Henri Stierlin avait trouvé l'étude de ce dominicain de l'école biblique de Jérusalem dans laquelle il avertissait qu'il avait remarqué des incohérences et qu'il proposait certaines restitutions. Henri Stierlin n'avait jamais effectué d'étude des textes bibliques. Il a écrit au père Boismard pour lui proposer de poursuivre ensemble cette recherche. Pendant quatre ans, ils ont collaboré étroitement par correspondance et se sont entretenus plusieurs fois à Lausanne où Henri Stierlin vivait. Le père Boismard enseignait à cette période à l'Université de Fribourg où il avait été nommé professeur. Entre l’âge de 21 à 25 ans, Henri Stierlin a fait l'apprentissage du travail scientifique avec cet homme. Quand il est devenu journaliste, il a dû s'investir totalement dans cette activité et il a laissé de côté ses recherches. Par son travail, Henri Stierlin a eu des contacts avec des personnes venant de domaines divers et variés. 00:12:11 – 00:13:53 (Séquence 7) : En 1948, pour ses 20 ans, Henri Stierlin est invité par son père en Egypte, pays où il est né. Peu après sa naissance, il était tombé gravement malade et ses parents avaient quitté le pays. La famille a voyagé au lendemain de la guerre. Le tourisme de masse a été inventé plus tard et il n'existait donc pas de voyage organisé. A cette période, Nasser n'avait pas encore pris le pouvoir et le pays était gouverné par Farouk. Lors du trajet de voyage, la famille a visité de nombreux monuments à Rome, Naples, Pompéi et Herculanum. En Egypte, Henri Stierlin a découvert l'art islamique, le musée du Caire et la Haute-Egypte. 00:13:58 – 00:16:28 (Séquence 8) : En Haute-Egypte, la famille d’Henri Stierlin a été invitée à venir visiter les fouilles de Karnak par le représentant de l'IFAO, l'institut français d'archéologie orientale du Caire. Les parents d’Henri Stierlin étaient connus en Egypte car ils y avaient séjourné pendant 10 ans et y avaient donné de nombreux concerts. L'équipe d'archéologie souhaitait présenter les derniers travaux qui n'avaient pas pu être montrés depuis 1938, les guerres, la deuxième guerre mondiale et celle israélo-arabe, avaient réduit le tourisme. L'équipe comptait de grands archéologues tels que Robichon. Cette présentation de la fouille archéologique a marqué Henri Stierlin et elle a, pense-t-il, déterminé son avenir. 00:16:33 – 00:17:36 (Séquence 9) : La visite du site archéologique a été une révélation pour Henri Stierlin. Il a été impressionné et influencé par le personnage [ Warry ] qui cherchait ce qui était sous la réalité des choses. Cet homme l'a initié à une manière de voir et de chercher. Henri Stierlin n'a cependant pas toujours partagé la même opinion. Il explique qu'un monument raconte quelque chose et qu'il est aussi important qu'un texte. Il n'a pas cessé de chercher à décrypter des monuments, des édifices, des phénomènes historiques et archéologiques. 00:17:41 – 00:19:35 (Séquence 10) : Avant de s'occuper d'archéologie ou d'histoire d'architecture, Henri Stierlin a été journaliste. En 1955, il est entré à la Tribune de Genève et a écrit pour la rubrique internationale, les critiques littéraire et musicale. En 1957, il a commencé à travailler pour la Radio suisse romande. Il avait présenté un projet à Méroz, le directeur de la radio, puis il avait rencontré Benjamin Romieux qui était en charge des émissions culturelles et d'informations politiques. Henri Stierlin a été choisi pour réaliser de grands reportages. Le premier interview qu'il a mené a été celui de Lévi-Strauss. Il a interrogé diverses personnalités dont l'abbé Breuil, préhistorien, qui s'est occupé des interprétations de la grotte de Lascaux. Henri Stierlin a été impressionné par sa manière moderniste d'aborder le monde et son sens de la communication. 00:19:41 – 00:20:54 (Séquence 11) : Henri Stierlin considère les personnes qu'il a rencontrées dans le cadre des émissions de radio, comme des universités non spécialisées. Il a reçu André Parrot, Roland Martin, de grands spécialistes de la Mésopotamie et de l'architecture grecque. Henri Stierlin s'est intéressé au comparatisme, il ne voulait pas être un spécialiste qu'il considérait comme une personne qui connaissait tout sur rien, alors que lui cherchait à connaître tout sur tout. 00:21:01 – 00:21:42 (Séquence 12) : Henri Stierlin a écrit sur des domaines variés. Il a publié 80 livres environ. Il a utilisé la photographie comme outil d'investigation. Les historiens de l'art n'ont souvent pas la possibilité de toucher chaque objet dont ils parlent. Henri Stierlin possède environ 180 mille photos qui couvrent une grande partie des civilisations de la planète, hormis celles de la Chine et la Russie. 00:21:50 – 00:24:21 (Séquence 13) : L'interlocuteur rappelle qu'Henri Stierlin a enregistré une centaine d'émissions de radio et a reçu, notamment avec André Leroi-Gourhan, le chanoine Drioton, un célèbre égyptologue. En 1963, Henri Stierlin entre à la télévision. A la même période, il est devenu rédacteur en chef de l’hebdomadaire suisse Radio-TV. Avec Pierre Barde, il a été producteur d'une série d'émissions intitulées "L'Homme à la recherche de son passé" et ils ont réalisé des reportages dans divers pays. Chaque tournage nécessitait environ quinze jours de reconnaissance du site, puis encore deux mois d'immersion dans une civilisation. Au début les émissions duraient 45 minutes et étaient en noir/blanc, ensuite il fallait compter 30 minutes pour une émission en couleur. L'émission sur "Ispahan" a été la première à être réalisée en couleur. L'équipe avait des difficultés à manier les couleurs, et craignait les changements des dominantes de couleurs. Les membres de l'équipe tournaient toute la journée afin d'avoir suffisamment de matériel pour réaliser les montages. Au début les filtres étaient changés et nettoyés toutes les deux heures. 00:24:29 – 00:26:10 (Séquence 14) : Henri Stierlin, qui réalisait le scénario, commentait les émissions et Pierre Barde était le réalisateur. Les circonstances politiques ont parfois empêché le voyage de toute ou une partie de l'équipe. En Syrie, Henri Stierlin a dû tourner seul le site de Palmyre. Il n'y avait personne sur le site car c'était une période tendue : la fin de la guerre israélo-arabe. Un grand patron de l'import-export libanais lui avait prêté sa voiture et son chauffeur. 00:26:19 – 00:28:22 (Séquence 15) : On demande à Henri Stierlin s'il y avait un axe au film qu'il tournait. Henri Stierlin explique que le choix des sites était important. Ils se sont rendus à Pétra en 1967, à une période où il n’y avait ni touristes ni hôtels. Il se souvient que la première fois qu'il y est allé, il n'y avait personne, que dix ans plus tard les gens commençaient à s'intéresser au site et il sait que maintenant il y a trois mille personnes qui visitent les lieux quotidiennement. Henri Stierlin parle du prochain livre qu'il va sortir sur Pétra pour lequel il a utilisé de nombreux documents de ses archives. Il est retourné à Pétra pour aller voir des fouilles menées par les Américains qui apportent de nouvelles connaissances sur le mécanisme de la religion de ses habitants. Ils ont par exemple découvert que le grand temple servait en 60 av. J.-C. à la vénération des rois divinisés. On y donnait de grands banquets, des réceptions, on y partageait le vin et les chaires des sacrifices. Ce modèle a influencé d'autres lieux. 00:28:32 – 00:29:11 (Séquence 16) : Henri Stierlin a décelé le modèle de temple servant à la vénération des rois divinisés dans de nombreux endroits, sur les pas d'Alexandre et sur les pas des généraux romains vainqueurs en Asie. Ceux-ci avaient vaincu des rois divinisés, ils estimaient être supérieurs aux personnes vaincues et mériter d'être divinisés. Il existe des temples dans des villes connues, comme Tivoli ou Préneste, qui servaient respectivement à la divinisation de Marius ou de Sylla et dont le rituel était emprunté aux rois hellénistiques, les descendants d'Alexandre. 00:29:22 – 00:31:17 (Séquence 17) : Henri Stierlin aime chercher le sens caché des choses, des objets. Henri Stierlin a vu dans le théâtre maritime de la villa d'Hadrien à Tivoli la structure du monde. Le théâtre maritime est un grand édifice circulaire, avec une promenade de colonnes circulaire, un bassin annulaire avec une petite île au centre. Les premiers grands philosophes grecs s'intéressaient à la forme de l'univers. Henri Stierlin a compris que cet édifice reproduisait un schéma qui avait été raconté par l'historien Varron, pour un bâtiment antérieur de 150 ans à l'édifice d'Hadrien. Il permettait de comprendre à quoi servait l'apparat de ces lignes concentriques qui se renfermaient sur elles-mêmes comme les cercles des planètes autour de la terre. Varron décrit qu'au centre de l'île, il y avait une tholos, c'est-à-dire un petit temple rond avec une coupole et qu'à l'intérieur les étoiles y tournaient comme une horloge. 00:31:28 – 00:32:36 (Séquence 18) : Henri Stierlin explique qu'il n'est pas possible de croire à l'astrologie car elle a été transformée par une autre vision du monde : le monde n'est plus géocentrique mais héliocentrique et les supputations des anciens sont obsolètes. Les recherches sur la mécanique, notamment pour les horloges anaphoriques, ont fait progresser les connaissances et les méthodes d'observation de la réalité de l'astronomie. Cette connaissance était réservée aux hommes de pouvoir car l'astrologie était le moyen pour un souverain de conforter ses idées, d'ailleurs il ne partait pas en guerre sans avoir consulté son astrologue. Les astrologues étaient les suppôts de la pensée du pouvoir. Henri Stierlin a écrit un ouvrage qui s'intitule "L'astrologie et le pouvoir". 00:32:48 – 00:34:20 (Séquence 19) : Pour écrire son livre "L'astrologie et le pouvoir", Henri Stierlin a reçu l'appui de Pierre Grimal, grand spécialiste des études romaines. Il a également écrit la préface dans laquelle il explique que la méthode de recherche n'est pas universitaire mais qu'elle est concluante. Henri Stierlin explique comment Pierre Grimal a découvert son travail. Il lui avait envoyé le manuscrit du livre sur Hadrien et le palais de Tivoli dans lequel il expliquait sa théorie sur le palais maritime. Pierre Grimal était d'abord sceptique mais devant l'appui des plans, coupes et photos, il a fini par lui donner raison. Dans son livre sur l'astrologie, il reprend de manière généralisée les thèmes du livre sur le palais de Tivoli. 00:34:33 – 00:35:31 (Séquence 20) : En 1963, Henri Stierlin est entré à l'Office du livre à Fribourg. En 1964, il fait paraître le premier livre de la collection d'architecture universelle consacré aux Mayas pour lequel il a réalisé toutes les photographies. Celles-ci sont en noir/blanc. A partir de 1983, il a effectué tous ses voyages avec son épouse qui a réalisé également des séries photographiques. Sa femme, Anne Stierlin, est devenue rapidement une excellente photographe d'architecture. Dans le livre consacré à l'Alhambra et à l'interprétation du palais islamique du sud de l'Espagne, la moitié des photos sont l'œuvre de sa femme. Elles apportent une vision différente et complémentaire aux images d'Henri Stierlin. 00:35:44 – 00:36:14 (Séquence 21) : Henri Stierlin est invité à expliquer pourquoi les époux considèrent l'Alhambra comme leur paradis. Ils y sont allés de nombreuses fois au point de le connaître par cœur. Ils devaient travailler de nuit pour pouvoir utiliser une lumière artificielle et photographier les mosaïques. 00:36:27 – 00:39:05 (Séquence 22) : Henri Stierlin et sa femme considèrent l'Alhambra comme un palais œcuménique. Les travaux d'un spécialiste autrichien concluaient qu'un palais existait un siècle et demi avant le palais actuel, soit à la fin du XIe siècle. Un poète juif du Moyen Age en a fait la description. Le palais était juif. Le sultan de Grenade s'était intéressé au père du constructeur du palais et l'avait nommé vizir. La population de Grenade était majoritairement juive. Lorsque le fils a succédé à son père, il a agi comme s'il était le nouveau roi des juifs dans un nouvel état juif du sud de l'Espagne. Comme il avait trahi le sultan, il a été tué. Les Arabes ont reconstruit le palais qui avait été détruit par un incendie, en respectant les plans de l'édifice. Henri Stierlin explique que cette version de l'histoire n'a pas été racontée. Il dit qu'on n'avait pas compris pourquoi le palais comptait deux cours : le divaniam et le divanicas étaient respectivement la salle des audiences publiques et celle des audiences privées. 00:39:19 – 00:40:48 (Séquence 23) : Henri Stierlin a écrit des livres qui cherchaient à apporter une solution à des domaines hors de la recherche scientifique. Dans son livre portant sur les dessins de Nazca, au Pérou, il démystifie la légende de l'origine de ces dessins. Les terrains étaient des zones industrielles sur lesquelles étaient produits les tissus des linceuls des morts de Nazca. Cette civilisation fabriquait des fils et des tissus et avait besoin de place pour les stocker. Henri Stierlin est conscient que cet éclaircissement du mystère des dessins de Nazca peut décevoir car elle n'est pas aussi magique qu'une explication accordant une part aux extraterrestres. 00:41:02 – 00:45:13 (Séquence 24) : L'un des derniers livres d'Henri Stierlin s'intitule "L'Orient grec : l'art hellénistique et romain d'Alexandre à Dioclétien". L'interlocuteur invite Henri Stierlin à parler des deux thèmes suivants : la coupole et la colonne. Il explique que le livre commence par parler de la colonne. Henri Stierlin considère qu'on parle souvent de l'antagonisme des Grecs et des Perses avec les guerres médiques notamment, mais on ne mentionne pas qu'une grande partie de l'Empire achéménide comptait des villes grecques importantes. Les premiers philosophes grecs, les mathématiciens et les grands spécialistes de la géométrie sont originaires d’Ionie. En architecture, cette région est celle où l'on construisait les plus grands temples avec des colonnes de plus de 20 mètres de haut. Ces temples ioniques dataient du VIe siècle av. J.-C. La capitale achéménide, Persépolis, comptait des colonnes grecques avec les mêmes proportions : 20 mètres de hauteur et 1,90 mètre de diamètre. Sur l'inscription de fondation du Palais de Persépolis, il est écrit que les personnes qui ont construit les colonnes et la décoration sont des Ioniens. Henri Stierlin explique que la frise des tributaires est de l'art grec du VIe siècle. Pour lui, on oublie que c'est une œuvre qui a été réalisée par les Grecs et que ceux-ci n'étaient pas considérés comme des ennemis mais comme des tributaires. Dans cet Empire toutes les idées se sont mêlées et ont fabriqué une nouvelle civilisation. Henri Stierlin considère qu'il est nécessaire de comprendre que les personnages qui ont amené la technique d'architecture des colonnes sont les Grecs, or le palais de Persépolis est le symbole du pouvoir perse. Henri Stierlin trouve intéressant de pouvoir remettre côte à côte deux civilisations prétendument antagonistes. 00:45:28 – 00:46:19 (Séquence 25) : L'interlocuteur estime qu'Henri Stierlin est davantage un historien des civilisations qu'un historien de l'architecture. Pour Henri Stierlin ce qui importe dans l'architecture c'est le sens caché qu'elle comporte. Une personne spécialisée dans le site Persépolis ne connaît pas forcément l'architecture du VIe siècle et inversement. Il explique que les hellénistes connaissent mal la civilisation des Achéménides qui sont montrés dans les pièces de théâtre comme des gens sans culture. Pour Henri Stierlin, ils sont au contraire la somme de toutes les cultures de cette époque. 00:46:34 – 00:48:26 (Séquence 26) : L'interlocuteur souligne que la coupole symbolise la transmission de la culture. Henri Stierlin explique que la coupole est l'anticolonne. Elle est l'image du monde, le cosmos, car les cercles représentent l'univers avec les couches successives des planètes sous les étoiles. La pensée cosmologique va évoluer dans ce monde. Des textes datant de l'époque de la construction de la basilique de Sainte-Sophie à Constantinople expliquent que la coupole est l'image du ciel. Cette pensée associée au monde chrétien a pénétré progressivement le monde islamique. Un monument majeur de l'Islam est le Dôme du Rocher qui comporte une coupole construite par des Byzantins. Henri Stierlin souligne qu'il est important de voir la continuité. 00:48:41 – 00:50:18 (Séquence 27) : Dans son livre "L'Orient grec" Henri Stierlin évoque longuement le site de Nemrut Dag où se sont croisés les Grecs et les Partes. C'est le lieu d'un culte d'un souverain divinisé et en même temps sa tombe. Il se situe à la fin de la chaîne du Taurus qui borde la Turquie à une altitude de 2150 mètres. La construction comprend des colosses qui représentent les grands dieux grecs et perses : c'est une œuvre syncrétique. Le souverain y a laissé un texte sur la divinisation qui est un culte à un personnage divinisé où l'on boit le vin comme symbole du sang et l’on mange la viande du sacrifice comme symbole du corps. Henri Stierlin a traduit un texte écrit en 60 av. J.-C. de Antiochos Ier, roi de Commagène. Il continue à traduire les textes grecs pour pouvoir comprendre notamment tout le rituel fabriqué à ce moment-là et transmis dans l'Eglise chrétienne. 00:50:34 – 00:53:37 (Séquence 28) : On invite Henri Stierlin à expliquer le fonctionnement de son esprit. Il est une personne sceptique. Il donne un exemple de la remise en question d'une œuvre. Dans son livre paru en 2009, il explique l'histoire du buste polychrome de la Néfertiti du musée de Berlin. Sa remise en question de l'authenticité d'une œuvre qui est unanimement admirée dans le monde des égyptologues a fait beaucoup de bruit. Il pense que l'affaire est tellement flagrante qu'il ne sera pas possible de maintenir au musée de Berlin cette pièce comme une authentique. Henri Stierlin pense que cette pièce est un objet d'étude qui a été effectuée par Borchardt pour tenter d'expliquer comment les sculptures de cette femme se présentaient avec la coiffe. Lors des fouilles de Borchardt à Tell al-Amarna, une collection de visages sculptés en pierre a été retrouvée et chaque sculpture comportait une sorte de tenon pour fixer la coiffe. Borchardt aurait donc produit ce buste comme modèle à cette période. Les deux filles du souverain de Saxe qui étaient en visite sur le site, le 6 décembre 1912, ont découvert cette pièce. Et comme il n'était pas possible de contredire un souverain régnant, personne n'a osé démentir l'authenticité de cette pièce. Le Führer a ensuite considéré que cette femme sculptée n'était pas une Egyptienne mais une femme de Mitanni ou une Hittite, qu'elle avait du sang indo-européen et qu’elle était donc une Aryenne. La direction du musée de Berlin était prête à signer des négociations avec le musée du Caire pour restituer cette pièce quand Hitler a stoppé les accords. La pièce reste unanimement reconnue comme authentique. 00:53:53 – 00:54:19 (Séquence 29) : Henri Stierlin joue à être un démystificateur. Il est d'accord avec l'interlocuteur pour être décrit comme un homme d'intuition et de mémoire. Il estime qu'il est nécessaire d'avoir vu et touché beaucoup d'objets pour être capable d’en déterminer les vrais ou les faux et d'être en mesure d'effectuer des comparaisons. Sa grande photothèque et sa mémoire l'aident à évaluer les objets. 00:54:36 – 00:56:07 (Séquence 30) : Henri Stierlin est interrogé sur l'utilisation de la photographie comme documentation. Henri Stierlin explique que l'architecture se vit dans le parcours et dans la modification de l'espace. Dans les espaces internes, l'homme se mesure à l'architecture : Petra en est l'exemple. Les monuments atteignent 40 m de haut mais ils n'étaient pas construits pour être vus. La roche de Petra était stuquée et peinte, comme les cathédrales ou le panthéon d'Hadrien. Les historiens de l'architecture ou les historiens de l'art ont une approche différente et effectuent un travail de cabinet, sans avoir eu les objets entre les mains. 00:56:25 – 00:56:39 (Séquence 31) : Henri Stierlin a du plaisir à écrire et à fabriquer le livre en jouant avec le matériel photographique. Il considère qu'un livre se fait au moins à 50 % par l'image et à 50 % par le texte. Il considère que c'est la jonction des deux types de documents qui permet de publier quelque chose qui est vécu. 00:56:57 – 00:57:40 (Séquence 32) : Si Henri Stierlin en avait l'occasion, il souhaiterait revoir de nombreux endroits et peut-être plus particulièrement l'Iran car c'est un pays qui l'obsède. Il considère que le contexte actuel du pays ne met pas en avant ce qui fait son originalité : son intelligence et sa manière d'entrevoir les problèmes de l'art, de l'architecture et de la littérature. L'interlocuteur souligne que c'est un pays de carrefour entre les régions et de rencontres. 00:57:59 – 00:58:14 (Séquence 33) : Générique de fin du Plans-Fixes consacré à Henri Stierlin, historien de l'art et de l'architecture, et tourné à Genève le 6 août 2009. Lien aux découpage sur la base de données original; Pierre Barde - Librairies La Fontaine SA - Ville de Genève - République et canton de Genève - Loterie Romande Genève - Fonds REGIO Films avec la Loterie Romande et la Fondation Vaudoise pour le Cinéma - Amis de Henri Stierlin; Médias : "Tribune de Genève" (presse) Événements : guerre israélo-arabe de 1948-1949; guerre mondiale 2
Kaynakta aç ↗

Willy Rohrbach, Henri Stierlin (Historien de l'art et de l'architecture), Association Films Plans-Fixes, https://www.europeana.eu/item/523/https___memobase_ch_record_apf_001_1247?utm_source=api&utm_medium=api&utm_campaign=mmurvess.

Aynı müellifin diğer eserleri