[Letra de Frederic Mistral a Raoul Lafagette : 11 de junh de 1886]; [Lettre de Frédéric Mistral à Raoul Lafagette : 11 juin 1886]
| Müellif | Mistral, Frédéric (1830-1914) |
| Materyal türü | Yazma eser |
| Dil | Fransızca |
| Kurum | Occitan Media Library |
| Kaynak | Europeana |
| Not | Qui est Raoul Lafagette ? Originaire de l’Ariège, Raoul Lafagette est un homme de lettres très attaché à ses racines, en atteste sa bibliographie : Chants d’un montagnard (1869), Pics et vallées (1885), Symphonies pyrénéennes (1897). Il s'intéresse donc tout naturellement à la question régionaliste et par conséquent au Félibrige : La Renaissance romane (1890), Les visées du Félibrige (1896), et La Grande Lorraine (1908), pièce de théâtre historique. Il est l’ami d’un grand nombre de personnages importants de l’époque : Victor Hugo, Leconte de l'Isle, Émile Pouvillon, Alphonse Daudet, Frédéric Mistral, Auguste Fourès et Prosper Estieu. Ces nombreuses amitiés sont parfois abordées dans sa correspondance avec Frédéric Mistral. Description de la lettre La lettre du 11 juin 1886 met en avant plusieurs aspects intéressants de la vision de la poésie de Mistral mais est également fort représentative du type de rapport qu’entretiendront Frédéric Mistral et Raoul Lafagette. Ici, Mistral commence d’abord par féliciter Lafagette pour son Pics et vallées : “vos vers nerveux et colorés ne sauraient être mieux frappés, ni plus sonores”, mais bien vite leurs différences d’opinions politiques et poétiques surviennent : “la politique n’a rien à voir avec la poésie”. En effet, ces divergences d’opinions sur l’apport du politique dans le poétique reviendront souvent au sein de leur correspondance. On remarque également dans cette lettre l’opinion sur la langue à employer en poésie pour Mistral : “or la nature du midi ne chantera jamais, libre et naïve, que dans la langue qu’elle s’est faite. Une poésie arabe, une poésie indienne, m’en dira toujours plus sur l’Inde ou l’Arabie que les plus purs chefs-d’œuvres de Hugo ou de Leconte de l’Isle”. Mistral se veut en permanence recentré autour d’ambitions simples et réfute une nouvelle fois toute prétention politique qui pourrait lui être accordée : “Que vient-on nous parler révolution, évolution, et avatar etc! Est-ce que ça nous regarde, nous paysans et pâtres”. Enfin, cette lettre contient également une évocation intéressante d’Émile Zola : “mais Zola, le grand apôtre du réalisme, pousse inconsciemment la roue du Félibrige : car faire parler son monde comme dans la vie réelle, c’est la visée du naturalisme, et le Félibrige ne fait pas autre chose.” En effet, bien que Mistral soit retenu comme un auteur apparenté au romantisme, il est intéressant de voir qu’il ne manquait pas de se rapprocher d’un auteur naturaliste.; Qual es Raoul Lafagette ? Originari d’Arièja, Raoul Lafagette es un òme de letras fòrça estacat a sas rasigas, n’atèsta sa bibliografia : Chants d’un montagnard (1869), Pics et vallées (1885), Symphonies pyrénéennes (1897). S’interèssa donc tot naturalament a la question regionalista e per consequent al Felibritge : La Renaissance romane (1890), Les visées du Félibrige (1896), et La Grande Lorraine (1908), pèça de teatre istorica. Es l’amic d’un grand nombre de personatges importants de l’epòca : Victor Hugo, Leconte de l'Isle, Émile Pouvillon, Alphonse Daudet, Frederic Mistral, Augusta Forès e Prosper Estieu. Aquelas amistats nombrosas son de còps abordadas dins sa correspondéncia amb Frederic Mistral. Descripcion de la letra La letra del 11 de junh de 1886 met en abans mai d’un aspècte interessant de la vision de la poesia de Mistral mas es egalament fòrça representativa de la mena de rapòrt qu’entretendràn Frederic Mistral e Raol Lafageta. Aquí, Mistral comença per felicitar Lafageta per son Pics et vallées : “vos vers nerveux et colorés ne sauraient être mieux frappés, ni plus sonores”, mas lèu lors diferéncias d’opinions politicas e poeticas subrevenon : “la politique n’a rien à voir avec la poésie”. En efièch, aquelas divergéncias d’opinions sus l’apòrt del politic dins lo poetic tòrnan sovent al dintre de lor correspondéncia. Remarcam tanben dins aquesta letra l’opinion sus la lenga que cal emplegar en poesia per Mistral : “or la nature du midi ne chantera jamais, libre et naïve, que dans la langue qu’elle s’est faite. Une poésie arabe, une poésie indienne, m’en dira toujours plus sur l’Inde ou l’Arabie que les plus purs chefs-d’œuvres de Hugo ou de Leconte de l’Isle”. Mistral se vòl en permanéncia centrat a l’entorn d’ambicions simplas e refuta encara un còp tota pretencion politica que li poiriá èsser acordada : “Que vient-on nous parler révolution, évolution, et avatar etc! Est-ce que ça nous regarde, nous paysans et pâtres”. Enfin, aquesta letra conten tanben una evocacion interessanta d’Émile Zola : “mais Zola, le grand apôtre du réalisme, pousse inconsciemment la roue du Félibrige : car faire parler son monde comme dans la vie réelle, c’est la visée du naturalisme, et le Félibrige ne fait pas autre chose.” Cal pas oblidar que Mistral es estat retengut coma un autor aparentat al romantisme, es donc interessant de veire que mancava pas de se raprochar d’un autor naturalista.; Qui est Raoul Lafagette ? Originaire de l’Ariège, Raoul Lafagette est un homme de lettres très attaché à ses racines, en atteste sa bibliographie : Chants d’un montagnard (1869), Pics et vallées (1885), Symphonies pyrénéennes (1897). Il s'intéresse donc tout naturellement à la question régionaliste et par conséquent au Félibrige : La Renaissance romane (1890), Les visées du Félibrige (1896), et La Grande Lorraine (1908), pièce de théâtre historique. Il est l’ami d’un grand nombre de personnages importants de l’époque : Victor Hugo, Leconte de l'Isle, Émile Pouvillon, Alphonse Daudet, Frédéric Mistral, Auguste Fourès et Prosper Estieu. Ces nombreuses amitiés sont parfois abordées dans sa correspondance avec Frédéric Mistral. Description de la lettre La lettre du 11 juin 1886 met en avant plusieurs aspects intéressants de la vision de la poésie de Mistral mais est également fort représentative du type de rapport qu’entretiendront Frédéric Mistral et Raoul Lafagette. Ici, Mistral commence d’abord par féliciter Lafagette pour son Pics et vallées : “vos vers nerveux et colorés ne sauraient être mieux frappés, ni plus sonores”, mais bien vite leurs différences d’opinions politiques et poétiques surviennent : “la politique n’a rien à voir avec la poésie”. En effet, ces divergences d’opinions sur l’apport du politique dans le poétique reviendront souvent au sein de leur correspondance. On remarque également dans cette lettre l’opinion sur la langue à employer en poésie pour Mistral : “or la nature du midi ne chantera jamais, libre et naïve, que dans la langue qu’elle s’est faite. Une poésie arabe, une poésie indienne, m’en dira toujours plus sur l’Inde ou l’Arabie que les plus purs chefs-d’œuvres de Hugo ou de Leconte de l’Isle”. Mistral se veut en permanence recentré autour d’ambitions simples et réfute une nouvelle fois toute prétention politique qui pourrait lui être accordée : “Que vient-on nous parler révolution, évolution, et avatar etc! Est-ce que ça nous regarde, nous paysans et pâtres”. Enfin, cette lettre contient également une évocation intéressante d’Émile Zola : “mais Zola, le grand apôtre du réalisme, pousse inconsciemment la roue du Félibrige : car faire parler son monde comme dans la vie réelle, c’est la visée du naturalisme, et le Félibrige ne fait pas autre chose.” En effet, bien que Mistral soit retenu comme un auteur apparenté au romantisme, il est intéressant de voir qu’il ne manquait pas de se rapprocher d’un auteur naturaliste. |
Mistral, Frédéric (1830-1914), [Letra de Frederic Mistral a Raoul Lafagette : 11 de junh de 1886]; [Lettre de Frédéric Mistral à Raoul Lafagette : 11 juin 1886], Occitan Media Library, https://www.europeana.eu/item/9200498/omeka_items_show_3896?utm_source=api&utm_medium=api&utm_campaign=mmurvess.